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Programme à Paris - un compte rendu par Yves Bertrand

Les profils de nos participants 2017 — de Chicago et de la France

[Rédigé le 20 septembre 2017].

La première édition de la CHICAGO-PARIS-CABARET-CONNEXION vient de se dérouler à Paris.

Curieux de nature, j'ai voulu voir de près ce qu'était cette manifestation. Comme formule d'adhésion, j'ai donc pris « la totale » : du vendredi 15 au dimanche 17 septembre, trois jours de master-classes, conférences, tables rondes, concerts, jam sessions.
Et je me suis régalé...

Les master-classes.

N'étant pas chanteur, j'y ai assisté en tant que simple auditeur. Le nombre d'élèves était de l'ordre de quinze - je n'ai pas compté. Que des femmes (et ce serait intéressant d'en analyser la raison). Autant de françaises que d'américaines. Et de tous les âges. Un petit peu plus de chansons en français qu'en anglais dans la mesure où certaines américaines, amoureuses de la langue de Molière, ont choisi d'interpréter des chansons françaises.
Ça a été vraiment très enrichissant pour moi qui ne suis pas de la partie d'assister aux travaux des classes et de voir les méthodes à la fois différentes et complémentaires des professeures (Claudia Hommel, Elizabeth Doyle, Nathalie Joly, Marie-Thérèse Orain ; avec la participation active de Jean-Claude Orfali au piano).
La façon dont les participantes prenaient peu à peu possession de leur chanson, sur les conseils de leurs professeures, m'a littéralement subjugué. Dans leurs attitudes, sur leur visage, dans leur allure générale, on voyait comment, peu à peu, la chanson qu'elles avaient choisie finissait par les habiter totalement.
Et lors du spectacle final, toutes ont été magnifiques. Merci les filles !

Les conférences.

La conférence, sur « L’histoire des chanteuses noires à Paris », par la chanteuse américaine Kat Victoria nous a permis de mesurer l'apport fondamental de ces femmes à la chanson de cabaret. Et la voix superbe de Kat en a été la meilleure illustration possible.
Une belle conférence, très instructive, sur « L'histoire des cabarets et la chanson de proximité  » nous a été donnée pa Michel Trihoreau, des illustrations sonores tout à fait pertinentes.
La conférence chantée « Quatre chansons de Marcel Legay » a, elle-aussi, été bien appréciée, si j'en crois les retours que j'en ai eu. Un grand merci à Elizabeth Doyle, Claudia Hommel, Mylène Launay et Christian Stalla pour leurs interprétations respectives de Sans rien dire, Va danser, Le bleu des bleuets et Et voilà pourquoi Madeleine.

Les tables rondes.

La première table ronde portait sur  « La situation du Cabaret de nos jours et les nouvelles perspectives ». Elle a visiblement souffert d'un manque de temps pour ouvrir la discussion avec le public. D'où un certain décalage entre les propos empreints de scepticisme — pour employer un euphémisme — de plusieurs membres du panel (j'ai failli écrire « du jury ») et le ressenti du public qui était dans sa grande majorité reconnaissant de cette initiative américaine.
Une équipe de chanteuses américaines éprises de culture française et amoureuses de la langue de Molière vient à la rencontre des chanteurs et des amateurs de cabaret, à Paris, lieu de naissance de ce même cabaret ! Mais c'est une excellente idée ! Et si elle peut ouvrir des perspectives réalistes et réalisables, tant mieux ! Et si elle se finit là, ce soir, sans déboucher sur quelque chose de concret, et bien tant pis ! On se sera régalé pendant trois jours et c'est toujours bon à prendre par les temps qui courent ! Et, au moins, on aura essayé ensemble de faire quelque chose ! Eh non, l'objectif de l'initiative Claudia Hommel et de sa joyeuse bande n'est ni de donner une leçon de cabaret aux artistes français ni de lancer une OPA américaine sur le cabaret parisien !
Le lendemain, la deuxième table ronde qualifiée d'informelle — et elle l'était vraiment, autour d'un sympathique buffet [préparé par Florence Wolf] — a permis aux gens d'avoir entre eux cette discussion dont ils avaient été privés la veille et de confirmer l'excellent accueil fait à cette belle initiative américaine.

Les concerts et jam-sessions.

Arrêtons de disserter sans fin sur le contenu exact du mot « cabaret » et parlons plutôt de l'une de ses manifestations (dont nous emprunterons l'expression à notre ami Michel Trihoreau) : « La chanson de proximité  [1] ».
Un artiste, un instrument, un petit groupe d'auditeurs attentifs, c'est la version embryonnaire de la chanson de proximité. C'est par exemple, en 1878, Marcel Legay, accompagné à l'harmonium par son ami Gérault-Richard qui chante, dans la rue, au milieu d'un essaim de midinettes et d'ouvriers sortant de leur travail. Bien sûr, il peut y avoir plusieurs artistes, plusieurs instruments, divers genres de musique, divers cadres possibles (rue, cave, salle de bistrot, salle de spectacle, etc.) ce qui compte c'est la proximité. Proximité spatiale avec un public physiquement atteignable . Mais aussi proximité humaine avec la qualité du lien entre l'artiste et son public, qui doit être le plus direct possible, sans artifices excessifs.
Eh bien, nous avons vécu là trois jours enchantés de cette chanson de proximité. Que ce soit :

  • à Montmartre, avec la jam-session du groupe au restaurant « La Bohème du Tertre » et le spectacle du « Lapin Agile », ou
  • au Quartier latin , avec le concert des chanteuses américaines et françaises au (Elizabeth Doyle, Claudia Hommel, Nathalie Joly et Marie-Thérèse Orain), le Petit Bal Musette de la rue Mouffetard (animé notamment par Christian Bassoul et Mylène Launay) et le concert des artistes des master-classes à l’ « Espace Scribe-l’Harmattan »,

toutes ces manifestations ont illustré à merveille la notion de chanson de proximité.

Et c'est pour nous avoir donné ces beaux moments où chansons françaises et américaines se sont intimement mêlées dans cette proximité avec le public que je suis reconnaissant à Claudia Hommel d'avoir eu cette superbe initiative, à toute son équipe d'être venue au-devant de nous à Paris, à toutes les chanteuses des master-classes de s'être si ardemment impliquées et à tous les artistes de nous avoir ravi de leurs talents. Et merci enfin à Mylène Launay qui a pris en charge, toute seule, avec ses petits biscoteaux, la charge immense de l'organisation parisienne de cette première édition de la Chicago-Paris-Cabaret-Connexion.

[1] La Chanson de proximité, Michel Trihoreau, Collection Cabaret, L'Harmattan, 2010.


CONTACT:
info@chicagopariscabaretconnexion.org
Correspondante à Paris
Mylène Launay : 06 71 83 70 65
Correspondent in Chicago
Claudia Hommel : 1-773-509-9360

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